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Comme si nous devions mourir demain #Covid19

Chante, la vie chante…

Tu te prends pour Michel FUGAIN du Big Bazar ?

Tu vas nous chanter quoi ? Seul comme un con dans ton confinement ?
Avec tes co-confinés qui n’ont pas envie peut-être de t’entendre (au bout de 2 jours ça va, essaye le balcon, à l’italliennnnne) parce que la vie en commun c’est pas la mélodie du bonheur tous les matins.
Chante la vie ? Mais on risque tous de crever, tu as compris ? Des centaines de milliers de morts, la courbe est jolie mais quand tu commences à connaître des macchabées c’est moins fun tout de suite.

Et le Macchab, c’est toi ?

What if?
Suis-je (qui est) prêt à mourir ?

La question comme une disserte de seconde ou comme un film à l'envers, 21 grammes, quelques secondes pour revoir ta vie et dire Adieu ? C'est comment de mourir ? La communion des saints ? Le Nirvana en apothéose ? Tu va manquer quoi ? qui ? Tu coupes quoi au montage de cette séquence ultime ?

En vrai je n’y connais rien en mort qui tue.

J’ai vu grand-père crever d’étouffement.

Vieux, pas tant que ça. A bout de souffle, ex-tubar intubé, ex fumeur, 2 poumons sur 5. Pas soulagé du tout par la médecine. Dans sa peur, les yeux de bête traqué par l’inéluctable. Moment de vérité incroyable : la personne en face de moi est en train de partir et il flippe, mon Dieu pourquoi ?
Le Bon Dieu de Mémée n’était pas là. Silence radio. La communion des saints ? Un bide !
Pas de compassion. De la douleur. De la peur. Ma rétine marquée au fer rouge. Inoubliable. Evidemment que je ne veux pas la même chose. Ai-je le choix ?

J’ai vu ce quarantenaire qui voulait faire un chrono

Il était banquier ou burelier (zézette épouse X pleurait silencieusement sur le bord de la piste). J’avais 15 ans. On faisait une compète de ski de fond. Y a un truc qui a lâché. Il était allongé, mort, les bâtons plantés, les gants sur les poignées, tout impeccable. On nous a fait signe de continuer la course.

Bonjour les trompettes (de la mort). C’était léger. Bien plus que le soir à la cantoche des skieurs… Vacuité. Un rien. Je croyais que c’était comme dans les films, une tragédie globale qui prend tout l’écran. Que dalle. Emballé c’est pesé.

Je n’y connais rien mais je veux choisir

Connard (me dis-je). Tu as le choix de quoi ? Pauvre vermisseau. Bosse ton humilité…

Entrée à Parisot, son lac, son cimetière…

Le choix du , du quoi, du comment ?
Le quand c’est baisé (!).

Je veux être enterré où ? A Villefranche de Rouergue ? Pas loin, le joli cimetière avec ce cyprès ?
Pas incinéré en tous cas : né catho, éloigné du clocher, je trouve canon la résurrection de la chair. Y a pas meilleure offre religieuse, imagine. Ton corps recyclé, de la bombe bébé. Mon corps de pêcheur, jouissance !

Mourir comment ?

Discrètement. Tranquillement.

Disons qu’il y a quelques années, j’ai décidé de faire la paix. Suite à un coup de trop, à des désalignements dont je souffrais dans ma chair : le dos, le reste, coincés. De ne pas livrer de combats inutiles. Pour faire simple, mourir en paix. Dans la paix de mon âme. En ayant accepté ma finitude.

[– Ha ouais ? alors Hervé tu prétends avoir réglé ton petit côté belliqueux et dominateur ? Ta facilité à t’agacer et à couper les cheveux en quatre ? A céder à la facilité parfois ? Ou à résister pour rien ? Tes travers Hervé, ils sont partis ?
Que nenni ! cher ami/voix de ma conscience. Disons que c’est un peu comme ma mauvaise haleine. C’est jamais réglé mais une bonne hygiène, un lavage de dents régulier et c’est plus supportable, tu vois ?]

Bon, cette paix n’est jamais acquise pour de bon

Mais elle a (eu) un prix : lâcher des trucs un peu lourds, en sécuriser d’autres (mes enfants chéris, que j’aime et que j’imagine se débrouiller très bien dans la vie sans moi ou leur maman), accepter l’incertitude, comprendre la distraction (qui n’est rien d’autre que détourner notre attention de l’inéluctable vide et de notre destination ultime).

So what? Mourir demain ?

J’ai encore quelques papiers de sécu à faire, un bridge pas fini de poser, une déclaration URSSAF, des bisous à faire à un tas de gens, un vélo de mes rêves pas essayé, un A/R Compostelle pas commencé, un bouquin à terminer comme quelques toiles à finir.

Heaven can wait… la paperasse me survivra, les bisous resteront inachevés. Too bad.

Quoi ? Ici et maintenant ?

Un bilan ? Non. Trop tôt. Je déteste les bilans, les évaluations, les comptes, les mesures. Beurk. Caca.

Un défi ?

Oui c’est ça : un méchant défi. Dé-psychoter, m’écouter, m’aimer, me comprendre un peu mieux pour trouver ma place. L’occuper dans le respect de qui m’entoure. Aligner ma pyramide corps/émotions/pensées. Comme quand je fais du vélo sans les mains (c’est très difficile pour un mec à la moelle épinière abimée). Hop hop hop, tenir mon corps en balance si subtilement que je n’y pense plus.

L’inverse de l’immobilité. Une danse silencieuse. Agitée calme. Se bouger sans se tordre/fouler. Faire un avec la musique du monde. Chanter avec mes semblables au son de ma voix/voie propre. Être audible et juste, ne pas assourdir. Envelopper avec tendresse. Trouver le tempo. Inventer des notes. Ecrire des portées, comme le pneu de mon vélo laisse des arabesques fugaces et légères sur le chemin des calanques. En faisant corps avec les éléments. Les apprivoiser, ne pas lutter.

Tirer ma révérence ? Pas tout de suite.

Chante la vie, chante.
Comme si je devais mourir demain.

Un bon programme pour vivre vivant !


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Pourquoi « ça va » ? Se questionner (aussi) sur les bons moments…

Il est évident d’analyser « ce qui n’a pas été »

Après coup, on se pose la question de ce qui clochait à un moment particulier pour tenter de trouver une solution, ou bien on évite carrément de le faire. Mais la question de l’explication s’impose, surtout si la douleur, la colère ou l’insatisfaction sont (encore) présentes longtemps après.

Analysez-vous parfois « ce qui va » ?

Il est moins évident d’examiner ces instants de grâce ou même de tranquille satisfaction. Pire, de reconnaître le bonheur au « bruit qu’il fait en partant ». Car le bougre est silencieux.

Encore, il existe parfois une viscérale et silencieuse peur de disséquer ce qui est fragile et vivant, au risque de le tuer.

Pourtant, si l’échec nous apprend beaucoup, le succés porte aussi une part riche d’enseignement

Nous connaissons tous ces moments délicats à vivre, effrayants par anticipation, qui nous apportent grande satisfaction lorque nous les vivons de manière réussie :

  • Que s’est-il passé pour que je réussisse enfin à formuler cette idée qui me tient à coeur depuis des mois ?
  • Comment ce moment passé avec les amis a pu être aussi ouvert, riche de partage ?
  • Quelle chance d’avoir pu écouter patiemment cette personne agaçante avec qui je suis souvent en désaccord !
  • Cette journée passée seul était splendide, non ?
  • => Placez ici toute situation épineuse dont vous vous êtes tiré comme un chef, aussitôt oubliée ou presque <=

Trouble shooting VS Happiness caring

Evidemment, nous partageons, débrieffons, discutons aussi de ces moments de joie avec nos intimes. C’est une manière de donner de la persistance à la joie et de suciter son retour 🙂

Mais bon, n’y a-t-il pas une différence d’attitude fondamentale entre :

1/ résoudre des problèmes

2/ prendre soin et chérir ce qui fonctionne ?

Je vous laisse méditer là-dessus et j’espère pouvoir partager avec vous sur le sujet bientôt si l’idée vous plaît !

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Rentrer dans sa zone de confort

L’arrivée de l’été et la fin de l’after shake redonne à mon cerveau un peu d’air (chaud)

Parfois je fulmine en entendant les apôtres de la sortie de zone de confort psalmodier. Je classe volontiers le concept dans le fourbi des buzzwords ambiant avec la bienveillance, le sans gluten, les scholl+chaussettes ou que sais-je de gavé guacamolesque !

Pourquoi suis-je agacé par cette quête de sortie de zone de confort ?

Parce que j’aspire à trouver la zone de confort qui me manque, ma vie est organisée ainsi, et que l’été y est propice. Par exemple, pour moi, partir en vélo quelques jours et dormir à la belle étoile est synonyme de paix : complètement en zone de confort.

Parce que je suis convaincu d’être entouré de personnes qui n’ont pas cette liberté de choisir une zone de confort satisfaisante, la vie apporte parfois bien des tourments.

Parce que je n’oppose pas routine et contre routine : trouver l’équilibre ne veut pas dire être immobile. Un peu comme le surfeur tu vois, il est en déséquilibre dynamique (ça marche aussi avec le skate, la conversation avec Tata Danièle ou la culture du pois chiche en zone HLM)

Parce que aussi, que :

Dans confort il y a con. Et il y a fort.

Et si on faisait un truc malin et léger ?

A contrepied de la recherche de routine, je recherche un équilibre dans le mouvement.

Si je vous en parle, c’est que je me sais entouré de quelques zèbres dans le même cas. Et que ce sujet est rarement abordé. Sur le plan business ou personnel, c’est la même procédure de réflexion et d’action qui s’applique. Je vous livre en vrac mes idées pour parvenir à votre zone de confort. Indéniablement.

  1. Y a un truc mental indéniable. La zone de confort tu la penses avant de la vivre. C’est pas de la branlette, c’est une projection vers un ensemble de moments magiques.
  2. Y a un truc de ton rapport à la nature indéniable. L’apprivoiser ou la fuir, tu choisis
  3. Idem à propos de #LesGens. Faut voir si le collectif est inclus dans le pack « Zone de Confort ». J’ai choisi, c’est non (j’explique : partir pour mieux revenir)
  4. Si tu pars pour fuir des soucis, tu règles tes affaires avant de partir. Sinon le point 1 capote
  5. Pense au stress induit, avant. C’est super dangereux de se poser (comme un avion tu vois : décollage et aterrissage = danger)
  6. Ceci s’applique aussi bien à la vie perso que pro : ne rêves-tu pas de trouver un subtil équilibre dans ton travail ?
  7. Laisser de la place à l’inconnu, gens, lieux, rythme
  8. Arrêter de lire des blogs à la con (mais qui lit mes billets jusque là ???) 🙂

Bref, ma zone de confort ressemble un peu à ce que vous appelez des vacances

Bah je n’y avais pas pensé plus tôt en écrivant ce billet. Vraiment.

Bonnes vacances si vous en prenez. Restez magiques.

Sinon je vous attends au Sham.

Merci, bisous !

PS : Je vous donne le prototype du discours de merde à ce sujet. Tout à l’impératif, dans l’injonction paradoxale et le vague stress.