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Tu penses à quoi ?

Tu penses à quoi ?
Je pense à notre fourmilière qui vient de se faire rouler dessus par un tracteur… Il fait tout noir.
Je pense aux fourmis désemparées, les unes dans l’inaction, les autres dans la tourmente pour lutter.
Je pense à nos pensées, à nos espoirs inquiétés, à nos rêves entre parenthèse, à nos métiers qui vont crever, à ceux qui imaginent de l’inouï.
Je pense à la vacuité, à nos individualités, nos petites personnes si importantes pour elles-mêmes, si insignifiantes pour les milliards d’être humains.
Je pense au miracle de chaque vie, à nos destins, à ceux qui attendent de nous, aux fils fragiles et forts de l’amour qui nous unit.
Je pense à ces agacements, ces haines, ces antipathies qui aussi nous lient à ce qui nous parle, nous heurte, nous démonte le cerveau.
Je pense à mon déjeuner, j’ai faim, j’ai toujours faim, je mange par désœuvrement, je mange par plaisir, je mange par délectation.
Je pense à préparer un bon repas, à donner du plaisir dans un bon moment. A un plaisir gustatif, à faire ensemble un plat, un gâteau, à improviser ou découvrir une recette.
Je pense à l’espace, celui que l’on a, celui dont on manque, à cette randonnée en vélo que je fais dans ma tête, à ces bivouacs imaginaires en pleine forêt, à cette plage infinie que je ne vois pas/plus/encore, mais que j’imagine.
Je pense à toi mon enfant, mon enfant d’amour, mes enfants d’amour, qui vivent et rient et polémiquent, trop loin, détachés, qui savourent la vie et marchent et vont et viennent et se heurtent parfois. Papa est là. Tu as peur ? Tu as mal ? Mes enfants, même adultes, mes enfants pour la vie qui comptent sur moi comme nous nous aimons.
Je pense aux jours, aux nuits, au temps, aux joies, aux peines, aux vôtres, aux nôtres.
Je pense à écouter, à compatir.
Je pense à remercier.