Passez-vous d’un consultant e-commerce par pitié (haheum) !

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Passez-vous d’un consultant e-commerce par pitié (haheum) !

La réponse est oui sauf que non, pour Olivier Lévy que je n’oserai pas critiquer explicitement. Il est d’une famille d’avocats et je ne veux pas finir en guacamole comme ma chère amie Marie… avec qui le tweetclash n’a pas duré, ouf.

Pour Olivier, qui est prestataire CEO avec sa société Blog E-Commerce, il faut faire appel à un consultant e-commerce, sauf que non en fait. Haaaa, la jolie pirouette ! Comme je n’étais pas du tout d’accord, j’y suis allé de mon petit commentaire mais cela ne me suffit pas, alors je vous fait un billet. Que voulez-vous, les âneries ça me stimule (oui, la nuit je suis un troll).

En préambule, je me dois de vous dire que :

  1. Je n’ai pas de lien avec Olivier Lévy, amical ou de business, nada, que dalle, nichts, nothing, НИЧЕГО. Juste de l’avoir eu comme co-juré et intervenant à l’e-commerce academy Oxatis où aux journées Oxygène que j’organisais.
  2. Je ne suis pas principalement consultant e-commerce, même si je conseille actuellement 2 entreprises dans ce domaine.
  3. Je suis prof de e-commerce/medias sociaux à l’ESG pour les MBA e-business
  4. Je dévoile dans 15 jours les services de la société que j’ai créée et qui accompagne les PME et TPE dans ce domaine

Retournons à nos moutons : vous faut-il un consultant e-commerce ?

PREMIER ELEMENT DE REPONSE – Quelle entreprise gérez vous ?

Mon commentaire à Olivier : Un consultant ecommerce c’est un peu l’homme qui murmure à l’oreille des chevaux… Il faut que l’animal soit de belle taille.
Autour de lui s’agitent vétérinaire, soigneurs, jockeys, etc. Le consultant ecommerce chuchote à l’oreille des membres du comité de direction. Pas toujours aussi simple qu’on le pense parfois de mettre tout le monde en phase.
Pour les hamsters ou les lapins nains, c’est moins compliqué… CQFD

Pourquoi ?

L’analyse d’Olivier se heurte à un problème méthodologique inquiétant pour ses clients : la fameuse approche non-scientifique « Ce que je ne connais pas n’existe pas ». On fête aujourd’hui l’anniversaire d’un danois, Niels Stensen ou Nicolas Sténon qui, en affrontant les moqueries de ses contemporains, a voulu comprendre pourquoi on trouvait des empreintes de coquillages dans les roches en haut des montagnes.

Ce n’est pas de cette manière qu’on progresse à croire que l’on sait tout, je regrette.

Donc votre site quelle que soit sa taille, peut mériter des conseils. Evidemment, vu le tarif d’une intervention de consultant (entre 800€ et 1500€ la journée) il faut pouvoir le faire ! C’est donc souvent réservé aux grandes entreprises, mais la démarche peut valoir le coup.

En 1/4 d’heure, j’ai vu Henri KAUFMAN faire sérieusement progresser certains sites, comme Terrasse Nature. La consultation était courte et gratuite mais valait certainement plusieurs centaines ou milliers d’€ vu le retour obtenu en termes de chiffres !

 

DEUXIEME ELEMENT DE REPONSE – Qu’attendez-vous d’une consultation ?

Dépassons les évidences SVP. Bien-sûr qu’il s’agit de faire fonctionner mieux le site, de trouver sa bonne organisation, référencement, ses chiffres. Je vais vous confier un secret de polichinelle : le consultant est souvent moyennement compétent à faire ceci si c’est un généraliste. Allez donner les clés de votre compte AdWords ou Analytics à quelqu’un qui n’y passe pas la majeure partie de son temps. Laissez les spécialités… aux spécialistes.
Non, le consultant a pour mission bien souvent de concilier ou d’arbitrer avec doigté (on est dans le digital n’est-ce pas ?) différentes positions opposées au coeur même de l’entreprise.

Les décisions ne sont jamais faciles à trancher quand on parle de stratégie. Chaque membre de la direction (ou le gérant face à ses actionnaires, ou le responsable face à sa direction) peut porter des avis difficiles à marier. Le consultant aura ce rôle.

On est bien loin n’est-ce pas de la vue d’Olivier sur cette délicate tâche ?

 

TROISIEME ELEMENT – Le référencement fait-il tout ? 

C’est ce qui est implicite dans l’avis donné sur le blog e-commerce. Il faut expliciter ceci et délivrer une trés mauvaise nouvelle à nos amis e-commerçants : le référencement est mort dans quelques mois.

Ce n’est pas Olivier Lévy qui vous le dira, ni les référenceurs. Cet avis doit être nuancé évidemment mais en gros vu les différentes évolutions de Google et du comportement des internautes, l’approche « à la papa » qui consistait à optimiser votre site et à le faire apparaitre le plus important possible aux yeux de Google est en train de péricliter.

Il va falloir sérieusement penser à l’avenir, considérer votre contenu interne au site et externe à celui-ci (mener vous-même à votre site de commerce des visiteurs qualifiés par d’autres sites à vous), utiliser au mieux les moteurs marchands et la recommandation, rafraichir souvent votre site, penser applications mobiles, travailler sur du référencement local, etc.

Le consultant se comporterait-il de manière malhonnête ? Je ne le diaboliserais pas, ni Olivier de ne pas ouvrir les yeux de ses clients (il me faufdrait en savoir plus). Mais attention à l’approche référenceur only !

 

QUATRIEME ELEMENT : 100% des clients contents sont contents (mais seuls les survivants parlent)

Loin de moi l’idée de prétendre que prendre un consultant e-commerce garantit contre toutes les erreurs. Mais on ne parle jamais du nombre collossal de commerçants morts au champ d’honneur du e-commerce. Ils ne figurent dans aucun baromètre et dans aucune compilation de témoignages : ils échouent souvent avant même d’avoir été considérés comme des marchands en ligne.

Le e-commerce est une chaine : de choix, d’investissements, de moyens, de compétences… La solidité de cette chaine est celle de son maillon le plus faible. Je me méfie des obsédés du graphisme, du marketing (comme moi :) ), du référencement, de la logistique, de l’ergonomie, etc. le gonflage aux hormones d’un des maillons provoque souvent la rupture de la chaîne… De profundis ces gens mal conseillés.

Le taux d’équipement en e-commerce reste trop bas en France et je n’ai pas assez de mots pour encourager les efforts des pouvoirs publics et de la FEVAD pour leurs louables et considérables efforts et résultats dans ce domaine. Mais que diable, un peu moins d’amateurisme et un peu plus de professionnalisme SVP !

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Valvert

Consultant marketing et eCommerce at Ommerce by @Valvert
Hervé Bourdon, créateur de #SHAKE / Ommerce SAS.
Agitateur e-commerce : création et optimisation de sites de commerce, Pdt eComProvence et EnCrauPrendre.

Blog www.valvert.net.
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20 Commentaires

  1. AurelienAurelien01-11-2012

    Bonjour

    Rendez vous dans quelques mois pour voir si le référencement est mort que vous l’annoncez :)

    • valvertvalvert01-11-2012

      Attention, mon avis paraît radical mais je ne pense pas que le SEO soit mort. Il est quand même en train de changer radicalement et de biens mauvais conseillers continuent à faire comme si rien ne se passait faute de veille ou de nouvelles compétences : dans ces cas-ci, il y a péril en la demeure !

  2. SamuelSamuel01-11-2012

    Un soit-disant consultant e-commerce qui mise autant sur le SEO ça paraît aberrant, d’autant plus lorsque l’on se penche sur ses pratiques SEO qui sont au mieux border-line, au pire inefficace voire nuisibles au site référencé!

    • valvertvalvert01-11-2012

      C’est bien les cas extrêmes, mais réels, d’aveuglement par le SEO.
      Le pire, c’est le client heureux alors qu’il s’est fait gruger avec des déclarations fracassantes sur des succès sur des requêtes longues mais rares du genre « canne à pêche en rotin avec moulinet à fil de chanvre torsadé ».
      Du grand n’importe quoi !

  3. GwaradennGwaradenn01-11-2012

    Tout comme Aurélien, je trouve dommage de prédire (une fois de plus) la fin du référencement alors que l’article est bon dans son ensemble. Tu fais la même chose qu’Olivier qui est plein de certitude. ;)

    • valvertvalvert01-11-2012

      J’ai peut-être manqué de finesse dans ma critique, point de certitude ou d’affirmation péremptoire… mais il faudra quand même parler des mutations du trafic un de ces jours.

  4. coboliancobolian01-11-2012

    Il est possible de se passer d’un consultant , car finalement quelqu’un qui connait bien le metier, qui sait tout faire, qui connait tout les ficelles et qui a beaucoup de temps pour se documenter n’en a pas besoin. A la limite, c’est un consultant :)

    Et cette même personne n’aura meme pas besoin de passer par une agence SEO. C’est merveilleux. Vu que je ne suis plus consultant je transférerai directement les entrepreneurs qui m’appellent à olivier, qui bien sur les aidera gratuitement.

    Quant a dire que le SEO va disparaitre, on en reparlera ;)

    • valvertvalvert01-11-2012

      Pour le SEO, vois mes autres comms :)
      Pour le reste nous sommes en phase à 100%

  5. Charles BooneCharles Boone01-11-2012

    Olivier est un personnage, on aime ou pas mais il ne laisse jamais indifférent :-)

    Le fond de l’article est bon, j’ai aimé. Ma vision du consultant, c’est d’être une sorte de chef d’orchestre qui sera capable de faire jouer ensemble plusieurs instruments sans que l’un d’eux ne brise l’harmonie de la pièce à jouer. Il ne faut pas bêtement privilégier les violons ou le piano parce que c’est un instrument que l’on aime personnellement (ou que l’on maîtrise mieux), seul le résultat final global compte.

    Retraduit en terme de consultant, il ne faut pas que le consultant ne privilégie que le SEO ou les réseaux sociaux parce que ce sont ses prestations, ou celles sur lequel il marge le plus. Ce qui importe c’est la bottom line des actions, et pour cela il faut que toutes les actions aillent dans le même sens, que toutes les énergies soient synchronisées pour aboutir aux buts fixés.

    Enfin, et c’est sans doute le plus important, il ne faut pas que le consultant soit un pro-technologie ou un pro-marketing sinon il en perdra son bon sens. Or c’est souvent le bon sens qui indique s’il faut lancer certaines actions ou pas ;-)
    Le nombre de fois ou je dis à mes clients ou prospects « non, ça c’est balancer de l’argent par les fenêtres » certains en viennent parfois à me demander si je veux leur vendre qqch finalement : -)

    • valvertvalvert01-11-2012

      Merci Charles, cela se passe si souvent et les équilibres sont si difficiles à trouver. Je fais parfois la comparaison avec mes souvenirs de louveteau : allumer un feu sous la pluie avec UNE allumette : pas trop de bois, pas trop souffler, être trés patient… Garder sa raison est difficile dans les 1eres étapes mais salutaire…

  6. LucieLucie01-11-2012

    Si je peux me permettre, je vais vous donner un point de vue d’annonceur. Je bosse pour un magazine qui fait partie du groupement d’éditeurs http://www.ruedesetudiants.com. Vous ne connaissez pas ? C’est normal, nous l’avons lancé en 2010 et avons un réel problème de notoriété. Il faut vite lancer la grosse artillerie, SEO, SEM, vraie stratégie emailing, etc… Cette activité vient EN PLUS de nos boulots respectifs. Impossible de consacrer beaucoup de temps à ce projet (qui nous tient pourtant très à coeur), et le web est le seul moyen de nous faire connaître sans passer par le marketing direct traditionnel (trop coûteux). Par où commencer, où trouver le temps de négocier avec les prestas, quand réfléchir à la meilleure stratégie ? Je suis désolée, mais sans un consultant qui va nous débroussailler tout ça, c’est voué à l’échec. Voilà ;)

    • valvertvalvert01-11-2012

      On est d’accord !

      SANS un consultant voué à ça, c’est l’échec, donc prenez un consultant.
      J’ai du être trop second degré peut-être…

  7. LucieLucie01-11-2012

    Non non tu étais très clair, je réponds plutôt à ceux qui trouvent les consultants inutiles !

  8. [...] Ce billet fait suite à différentes lectures de ce début d’année, notamment l’article de DoIngenia sur sa vision très mathématique de son métier de consultant, et l’article de Valvert sur sa vision du consultant e-commerce. [...]

  9. makeonlineshopmakeonlineshop01-18-2012

    Un consultant pourquoi ? Si on est pas pressé il suffit d’ajouter quotidiennement des produits et des articles de blog sur sa boutique pour que tout se développe en douceur sans l’aide de quiconque… (bien sûr il faut démarrer sur de bonnes bases: un bon CMS de boutique en ligne)

    • valvertvalvert01-18-2012

      Heu, c’est important en effet. Mais ce n’est peut-être pas suffisant pour mettre un commerce en ligne sur des rails et le propulser à la vitesse du TGV :-)

  10. Denis FagesDenis Fages03-08-2012

    Je suis consultant e-commerce depuis peu (salut a toi hervé…) Mais je ne vais pas défendre cette profession spécialement. J »ai pratiqué le e-commerce avant et longuement. Cela me semble vital pour avoir l’altitude et la vraie compréhension des priorités, des enjeux. Je considère que des conseils clés, comme le faisait remarquer justement Hervé ont une valeur importantes, car l’oeil extérieur et entrainé apporte des priorités qui sort l’entrepreneur e-commerçant de ses soucis, voir de ses lubbyes et plus important encore de tout le brouhaha de la technologie qui bouge… Donc des conseils, des outils, du concret, du vécu, des partis pris. C’est possible et je peux vous garantir que c’est apprécié, même par des « petits » e-commerçants. DenisFages

    • valvertvalvert03-09-2012

      Merci de ton commentaire Denis. Bonne chance (Perry, sors de ce corps :-)

  11. TanguyTanguy08-08-2013

    Bon, alors, déjà un consultant c’est un peut le gars qui dit qu’il s’y connait alors qu’il ne sait souvent pas faire.
    Perso je me colle toujours l’étiquette du Webmaster, parce que je sais faire un peut de référencement, mais je ne suis pas expert – même si je proclame depuis plus de 10 ans que la seule solution c’est de faire du contenu pour les internautes et que Google aimera vraiment cela un jour, c’est leur but ultime une analyse des pages comme les classerait un humain – je sais faire un peut de design mais je ne suis pas expert, je sais faire du développement mais je ne suis pas expert …
    Comme je dit souvent je suis informaticien et ce que je viens d’apprendre ne servira pas grand chose dans le concret d’ici 1 an mais ce savoir accumulé depuis mes début dans le domaine info me permet aussi d’avoir une vision d’avenir et peut être d’anticiper à quelque mois certaines tendances.
    Donc, oui le Référencement est mort dans le sens qu’il devient de plus en plus une simple logique humaine traditionnelle de présentation de l’information pour les clients et non plus que pour satisfaire une vision basic d’un moteur de recherche.
    Ah oui, pour répondre à la question, un consultant c’est bien, encore faut il accepter de l’écouter.

  12. [...] Ce billet fait suite à différentes lectures de ce début d’année, notamment l’article de DoIngenia sur sa vision très mathématique de son métier de consultant, et l’article de Valvert sur sa vision du consultant e-commerce. [...]

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