Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor HUGO (1802-1885)
in Les contemplations
Illustration : L’Arbre de vie, vue partielle, de Gustav Klimt (1862-1918)
L’Arbre de vie (1905-1911) est une frise murale réalisée en mosaïque pour le palais Stoclet, à Bruxelles, où Gustave Klimt (1862-1918) et les artistes de la Wiener Werkstätte furent chargés par M. Stoclet de dessiner et construire son palais dans la capitale de l’Art Nouveau.



C’est pas ce que je préfère du vieux Victor, la poésie, mais bon, ça déchire moyennement sa race, quand même, disons.
Ca fait partie des poèmes que la SNCF avait affiché dans le métro à une époque. Je l’avais appris par coeur. Triste Hugo. Comment peut-on faire si joli avec tel sujet ?
Blogué à l’aube, bercé par le ronron du TGV, avec la campagne givrée et les idées tristes et blanches et glacées… c’est étrange effectivement que nos tourments nous rendent capable de construire quoi que ce soit. Chaos fécond ? Mort et renaissance ?
Faire du neuf avec du vieux, du bien avec du mal, contre muavaise fortune bon coeur, tout dépend du désir et de l’énergie que l’on se sent capable de mettre. De la volonté un peu et de l’appétit de vie surtout…