Marre des conseils de réussite ? Allergique aux coups de pouces de bons élèves ? Accordez-moi quelques instants afin que je vous donne 10 conseils à (ne pas) respecter pour faire complètement capoter votre projet e-commerce. On a pas tous les jours la chance de se vautrer avec classe ! Je rencontre des e-commerçants qui réussissent (je confesse, je travaille pour Oxatis) toute la journée et je peux vous dire que se planter n’est pas si facile. Les choses ont tellement évolué depuis l’âge de pierre !
Alors voici mes 10 conseils, en ordre aléatoire, on s’accroche, c’est parti pour un tour de grand huit dans l’enfer du webmarchand :
- Méprisez tous les canaux hors ligne !
Un bon geek méprise la vente en boutique, un réseau de distribution, les places de marché comme eBay, le bouche à oreille, la vente direct, le téléphone, les cartes de visite, etc. Focalisez vos efforts sur le net et ne pensez à rien d’autre. D’ailleurs, refusez les clients non geeks tant que vous y êtes ! Pourquoi vendre tout se suite, avant que le référencement naturel ou que la mise en ligne de votre boutique ne soit effectifs ? - Ne pensez qu’au référencement, et rien qu’au référencement !
Référencer quoi ? On s’en fout ! Laissez des fiches produits indigentes, ne parlez pas de vous, cachez votre projet avant qu’on ne vous le pique, ne faites pas relire vos textes, assaisonnez de fautes d’orthographe et de syntaxe : vous savez bien que vos visiteurs zappent aveuglément.
Surtout, si vous visitez les salons professionnels, ne visitez que les stands et conférences qui parlent de Google. Consacrez 100% de votre temps de cerveau disponible à trouver l’astuce qui tue, les plaques à désensablement de SandBox, le cric à PR, etc. etc. N’imaginez pas passer du temps à vous occupez de votre site ! Indice : un copain crémier passe son temps au bistrot à chercher des clients, ça a l’air de marcher
- Soyez perfectionniste jusqu’à l’ouverture du site, laissez tomber après !
Le plafond de la sixtine, un temple grec, un cawalk haute couture… vos clients méritent un site à la hauteur de votre talent, ignoré pour le moment. Chiadez le truc et ne pensez pas commerce, c’est bas. Ignorez les impératifs commerciaux, vous vendrez plus tard. Abusez de longues présentations flashs, de menus conceptuels et emberlificotés, de couleurs dérangeantes. Cachez la partie vente aux yeux de l’élite qui vient vous visitez, vous passeriez pour un ringard. Evidemment, consacrez l’essentiel de votre budget à de dispendieux briefs créa, oeuvres de graphistes maudits, fontes et refontes graphiques, achat de logos subliminaux. Vous n’aurez pas deux fois l’occasion de vous ruiner.
Ha oui, une fois votre chef-d’oeuvre en ligne, ne pensez pas passer du temps à vous en occuper. Les monuments c’est chiant à entretenir et les badauds qui s’y pressent vous méritent-ils ? - C’est moi qui l’ai fait ! Et si vous preniez la route couvert de cambouis et le capot ouvert ?
On est jamais mieux déçu que par soi-même. Voici une astuce imparable pour vous coller dans la m… jusqu’au cou : réalisez votre site marchand vous-même, surtout si vous n’y connaissez rien. En kit de préférence ! Choisissez un logiciel libre, si libre d’ailleurs que les membres de la communauté ne s’en occupent plus du tout, qu’ils parlent tchèques ou qu’ils sont allés se passionner pour un nouveau joujou logiciel dont vous n’entendrez parler que dans 6 mois.
Bricolez, bricolez, bricolez encore. Et suivez le parcours du combattu siiiiiiiii classique du type qui sait mais qui galère : demandez un coup de main à un copain qui s’y connait mais qui ne sera pas assez couillon pour vous aider gratuitement surtout qu’il a enfin trouvé une fiancée (rhoooo, c’était un vraai NERD). Passez au recrutement d’un bricoleur de génie qui met en danger votre plan d’investissement. Faites traîner, changez les spécifs du site, perdez du temps… ça y est, ça foire, bravo ! Ignorez superbement les solutions clé en main ou les agences web : pas classe, trop fonctionnel, pas assez chères. - Montez votre boutique avec une solution/hébergeur gratuit
Réfléchissez une seconde à sa proposition : vous créez gratuitement votre site et ne le payez que si vos ventes grimpent. Génail ! Et comme vous ne vendez pas vous ne payez rien… Ha zut, vous ne gagnez pas votre vie là ! Bon, alors vous vendez et vous payez de GROSSES commissions (5% des ventes parfois, 1/4 de votre marge peut-être si vous faites vos comptes). Alors vous voudrez déménager, mais comment ? Pas facile…
Ou alors c’est votre hébergeur qui vous mettra dehors : comme il ne gagne pas d’argent avec les petits et que les gros profitables le quittent, il risque d’avoir du mal à passer l’hiver. Dur, dur ! - Soyez inflexible sur votre politique produit
Vos clients ou fournisseurs, vos amis, votre belle mère vont vous donner des tas de conseils ou de suggestions, formuler des désirs d’achats. N’écoutez personne, figez votre offre. Rappelez-vous que vous êtes un pur et que si des personnes sont prêtes à vous payer pour vous acheter des produits que vous pourriez vendre, ça pourrait augmenter dangereusement votre CA, élargir vos gammes, donner du souffle à votre zone virtuelle de chalandise, etc. Les meilleurs chevaux ont des oeillères, non ? - Si t’es pas un jeune geek, crève ! ou pas

Entreprendre en ligne, c’est un truc de nerd, otaku, no life, etc. urbain de sexe masculin. Il paraît !
Si tu as plus de 40 piges et que tu es une provinciale, dommage, tu as des chances de réussir. Les préjugés ont la vie dure, n’est-ce pas ? Regarde cette étude, tu n’en croiras pas tes yeux fatigués par ton Big Fat Ass iMac 39″ - Diabolise le net, reste dedans/dehors
Facile à faire, il faut nager sans te mouiller puisque le net saimal, saitrémal, juste un ramassis de vice. C’est ton papy qui sait pas allumer un ordi qui te l’a dit ! Repeat after me : Google is evil, le web c’est que du sex, les forums que des racontars, le chat c’est que des trucs de rencontre, les réseaux sociaux que des geeks désoeuvrés, les conversations vidéos c’est du Meetic puissance 1000, les emails c’est que des chaines de lettres, les paiements en ligne c’est pas fiable, les vendeurs en ligne des escrocs, etc. etc. Tu as un grand avenir de marchand en ligne qui s’ouvre à toi : contrairement au commerçant qui aime sa rue, tu détestes le net. C’est cool, hein ? - Ne lis pas le bouquin de Marc
Evidemment, si tu as décidé defoirer ton site de vente en ligne, tu ne DOIS PAS LIRE CE LIVRE ! Quand un type comme Marc SCHILLACI, qui a quasiment inventé le concept de plateforme mutualisé + logiciel en ligne de boutique marchande, te chuchotte ses conseils dans le creux de l’oreille, enfuis-toi vite. Tu risques de réussir, comme les autres, même si tu n’as pas tous les atouts en main. - Lis bien ce style de billets débiles jusqu’au bout !
Tu perds ton temps, une belle epreuve d’acharnement à tout faire capoter, chapeau ! La procrastination est ton métier, c’est choli comme tout, tu vas y arriver, je t’encourage à continuer comme ça et je te souhaite plein d’échecs. Si tu as compris que je plaisantais et que tu peux arriver à monter ta boutique en ligne en usant de bon sens, tu vas réussir, mes meilleurs voeux !
Billet pas sérieux écrit à l’arrache de la Convention E-Commerce de Paris.



Intéressant… Quelques idées reçues tombent à la lecture de l’étude, comme la moyenne d’âge des entrepreneurs e-commerce (ce qui aurait tendance à me rassure, moi qui me vois comme un vieux schnock) et, surtout, qu’on peut en vivre.
Bon, ça fait un peu autopromo Oxatis, mais bon, c’est de bonne guerre, j’imagine…
Devrais-je me lancer, alors que j’y pense depuis plusieurs mois ?
J’adore… Je vis ce genre d’argumentaire tout le temps…
Yes ! Voilà les conseils que j’attendais pour me lancer ! Je cours ouvrir ma boutique !
Salut Hervé
J’ai surtout aimé le dernier point
Quand je pense que c’est toi qui m’a dit « as tu vu mon dernier post ? »….
@ Marc, oui, un peu de pub mais c’est indirect, j’ai la grande chance de bosser en accord avec mes convictions (ça n’a pas toujours été le cas). Je ne dis pas qu’on est les meilleurs chez Oxatis, juste qu’on applique un modèle économique pérenne à des promesses tenues. Lance-toi, just do it !
@ BDM Hé oui, on aide les mêmes clients ou presque. Les expériences sont uniques mais elles ont de nombreux points communs.
@Walterproof Si tu vends des glaçons sur la banquise, tu vas goinfrer les pingouins, cool ! Gaffe à Hulot et Arthus Bertrand avec leurs hélicos, font fondre la glace ces conc
@ Eric Ben oui, tu me connais. Si tu savais, personne ne lit jusqu’au bout. D’un certain côté, c’est cool (in cauda venenum, hahahaha)
Tu t’en doutes, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton 5ème point
Enfin, j’espère surtout que tu ne pensais pas à nous. Après tout, même si nous ne prenons qu’un pourcentage, nous n’annonçons pas que la solution est gratuite (et nous ne le ferons jamais !).
Et pour rectifier tes propos :
Pour ceux qui ne font aucun vente, nous assumons notre responsabilité. C’est à nous d’être bon et de conseiller le commerçant pour que cette possibilité n’arrive pas. Dans tous les cas, pas question de les exclure mais au contraire les aider. C’est sur que c’est plus simple de se contenter de prendre un abonnement mais ce n’est pas notre philosophie.
Quant aux plus gros, heureusement le pourcentage est dégressif et peut atteindre 0,5% de leur CA, donc, encore moins cher que les frais bancaires. Comme tout est proportionnel, les plus gros bénéficient de plus d’espace sur le serveur et de plus de bande passante (vu que les ventes et les visites sont liées). Ce qui est bien évidemment impossible pour certaines plateformes e-commerce qui fonctionne par abonnement.
Alors certes, l’idée d’un pourcentage est nouvelle sur le marché français et je comprends ton intérêt à la « diaboliser » mais soyons honnête, c’est loin d’être une méthode pour foirer sa boutique en ligne
Malheureusement Grégory, je pense aussi à ta solution. La communication quei est faite autour repose sur la gratuité, comme ici : http://fr.techcrunch.com/2008/09/22/fr-lancement-de-wizishop-une-solution-clef-en-main-gratuite-pour-monter-sa-boutique-en-ligne/ et il n’y a pas que ce point qui est génant. Je m’explique en commentaire chez TechCrunch.
Je crois que c’est quand l’avion est en vol qu’on peut l’évaluer. Les questions de fiabilité sont centrales. On verra le premier lundi de décembre si ta solution peut encaisser des centaines de milliers de commandes, sans devoir racheter des serveurs en urgence et faire passer les comptes dans le rouge.
http://fr.techcrunch.com/2008/09/22/fr-lancement-de-wizishop-une-solution-clef-en-main-gratuite-pour-monter-sa-boutique-en-ligne/
Je n’avais pas vu ton commentaire sur TechCrunch. Vu que tu as commenté le billet tu as du voir que nous avions rectifié le titre du message. Ni le communiqué de presse ni nos explications n’ont fait passé le message de gratuité. C’est Alain, le journaliste de TechCruch qui a pris cette initiative.
J’ai remarqué que tu citais nos soit disant propos dans ton commentaire. Attention tout de même à ne pas trop dérapé. Vouloir défendre Oxatis, je peux tout à fait le comprendre mais véhiculer de fausses informations sur un concurrent non. Il y a de la place pour tout le monde alors ne jouons pas à ce jeu. Merci de faire le nécessaire pour rectifier tes propos.
Gregory, je comprends ce que tu dis et je ne veux pas diffuser de fausses informations. Je te propose de bien décrire ce que vous avez prévu en termes d’infrastructure et d’investissement pour la partie hébergement, sauvegarde, tenue en charge, bande passante. Merci de ta réponse…
Hervé, nous avons actuellement (pour la phase de lancement) un serveur dédié hébergé par SIVIT : disques en raid 1, processeur 8 coeur et ram surdimensionné, sauvegarde dissociée et bande passante 100mbps.
Bien entendu, notre serveur est suivi par une équipe de notre hébergeur qui est attentif tant à l’évolution de nos besoins que sur la sécurité de notre infrastructure.
Nous avons déjà prévu avec eux et dans notre business plan l’évolution rapide de notre infrastructure en clusteurisant nos serveurs.
Ne te fais donc pas de soucis pour nous puisque les sommes allouées pour l’hébergement de nos commerçants est déjà mise de coté pour les 3 années à venir (et en effet, ce n’est pas gratuit puisque cela représente plusieurs dizaines de milliers d’euros).
Merci de ces éclaircissements, de la discussion sortent des informations, c’est parfait.