Ni triste, ni gai, ni malade ni en pleine forme… ambiance de relevailles.
Question évoquée avec des amis autour de sujets lourds (suites de maladie) mais très enrichissants. C’est quoi et quand et comment, être guéri ?
Etre guéri, c’est se remettre en marche, à fond de 5e ? Du 0 au 1 ? Du mort au vivant ? De 0 à 100 en 2 secondes ?
Relevailles, nom féminin
Dans le langage courant, Action pour une femme de se lever pour la première fois après ses couches.
Bref, ma vieille expérience de kamikaze (homme, désolé) me rappelle que se déclarer guéri, l’être aussi, foi de toubib, nécessite de supporter une phase de remise en marche, de transition. Tout n’est pas résolu, pire encore, tu arrives à remarcher mais tu es grave à la bourre. On ne t’a pas forcément attendu. Et en plus tu traines la jambe, grrrr !
Dommage Eliane, en sautant du lit, une légère euphorie, due sûrement au retour à la verticale, t’a fait croire que tout ça, c’était fini, et bien fini. Avant de refaire tes premiers nouveaux pas, tu as rêvé, idéalisé, fantasmé l’avancée tant attendue. Heureusement d’ailleurs, sinon tu serais resté encore un peu sous les draps.
Non, non, non, non, le retour à la réalité est un peu dur, décevant, démotivant même. Plus dur parfois que la chute qui t’as mené là. Le temps de reprendre ton souffle et de retrouver ta foulée, tout ira mieux. Longueur du temps toujours… Heureux tu seras, aies confiance encore, quel que soit le résultat, tu es sorti du lit.
On se dit bon courage ?
Création/photo : cinqcinqdesigners.com
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3 Comments
Quand c’est l’optimisme qui est blessé, la sortie semble impossible n’est-ce pas ? Reste le rôle de l’autre, de la personne extérieure, du tiers… De son talent à aider et à s’impliquer puis à s’effacer. Evolution de la relation. Attachement à la personne, pas à la maladie elle-même, surtout pas. Plaisir de la vie retrouvée malgré toutes ces lourdeurs encore mais avec ses joies simples, devenues plus estimables puisqu’elles ont survécu à la nuit…
Merci à ces âmes sœurs qui ne demandent même rien, aux inconnus qui tendent la main.
Personnellement je pense à un Aimé (88), une Françoise (88), un Xavier (71), une Jeanne… je ne les revois pas tous mais ils sont toujours là près de moi.
Égoïstement je me demande parfois à qui j’ai pu donner quelque chose de semblable ? Je ne sais pas et je m’en moque.
Je pense à cet excellent proverbe juif : “Qui donne ne doit jamais s’en souvenir. Qui reçoit ne doit jamais oublier.” Pure sagesse !