Faut pas bouillave le narvalo !

Un Narvalo, en langage gitan, c’est un genre de fauve dont il faut particulièrement se méfier, dans les cirques… C’est Guy-Pierre GENEUIL qui le dit dans « Le Narvalo » (Co-éditions Jean-Claude Lattès/Éditions N°1, 1987). Je vous conseille ce bouquin, tout le reflet d’une époque d’après guerre avec ses misères et ses temps forts, contés par un dur à cuir, un écorché vif.

Narvalo, c’est aussi une insulte grave (fou, rebelle, insoumis) ou bien, complètement à l’opposé, une appellation très amicale et complice entre hommes « libres ».

Gitans, manouches, c’est une population mais aussi tout le folklore d’un monde fermé qui a communiqué quelques mots d’argot bien sentis à la langue française.
Je suis souvent étonné de retrouver dans la région marseillaise des mots de titis parisiens. Les gitans (Roms en fait) sont passés par ici (Porte de Montreuil pour l’argot parisien) ou par là (les Saintes Maries de la Mer). Ils ont fait la liaison et laissé « bouillave » (niquer), « bédave » et « bédo » (fumer), « gadjo » et « gadji » (gars ou fille), « chourave » et « marave » (voler), etc.

Attention toutefois !
1/ Il y a eu aussi au début du siècle précédent une « ave »isation du vocabulaire pour faire genre… donc il reste des faux amis en ave qui n’ont rien à voir avec l’argot manouche.
2/ Ensuite, l’infinitif des verbes est en « ave », ne pas dire chouraver par exemple, ça fait « cave » (!)

Ca vous intrigue ?

Je vous conseille ci-dessous la reprise de « Georgia on my mind » façon guitare manouche par les Royal Paris Narvalo : http://www.myspace.com/royalparisnarvalo

Et aussi (ça vaut la peine de passer les premières minutes peu palpitantes) Roma Fest Gipsy Dance… montez le son !

Une réponse à “Faut pas bouillave le narvalo !”

  1. clochette dit :

    sympa la chanson ! :)

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