Caminante no hay camino, se hace camino al andar… (Antonio Machado)

colsanpetru.jpgTout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant Des chemins
Des chemins sur la mer

Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.

pierre.jpgJ’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

Jamais je n’ai cherché la gloire

Marcheur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout; marcheur,
il n’y a pas de chemin

petru.jpgLe chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler

Marcheur! Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?
Marcheur ! Il n’y a pas de chemins
Le chemin se fait en marchant

Chantez en coeur avec moi:
Savoir ? Nous ne savons rien
Venus d’une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n’enseigne rien, lumière n’éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l’eau du rocher?

Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer

Antonio Machado

Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.

Nunca persequí la gloria,
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles,
como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse…

Nunca perseguí la gloria.

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.

Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.

Caminante no hay camino
sino estelas en la mar…

Hace algún tiempo en ese lugar
donde hoy los bosques se visten de espinos
se oyó la voz de un poeta gritar
“Caminante no hay camino,
se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso…

Murió el poeta lejos del hogar.
Le cubre el polvo de un país vecino.
Al alejarse le vieron llorar.
“Caminante no hay camino,
se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso…

Cuando el jilguero no puede cantar.
Cuando el poeta es un peregrino,
cuando de nada nos sirve rezar.
“Caminante no hay camino,
se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso.

Antonio Machado

Si quelqu’un possède une traduction (plus) complète et fidèle de ce poème admirable, je suis preneur ! Ce texte me touche particulièrement. Il me ramène toujours en 1987, lorsque pour la seconde fois j’ai pu faire le GR 20 en Corse. Pour la petite histoire, c’est tout de suite ce parcours que j’ai essayé de reconstituer en découvrant pour le première fois Google Earth. Panoramio (add-on de Google Earth) m’a même permis de revoir le col San Petru (Saint Pierre ), avec ses les arbres en forme de chevelures, 20 ans plus tard sans quitter ma place !

3 réponses à “Caminante no hay camino, se hace camino al andar… (Antonio Machado)”

  1. Hervé dit :

    C’est encore moi !
    Je viens de trouver cette pépite : http://kops.gr20.free.fr/ que j’ai parcouru avec la larme à l’oeil (petite larme, hein !). Je vois que le GR 20 est quasiment resté le même qu’il y a 20 ans exactement. Je repense à Pascal B. et à de charmants amis que nous étions fait : un couple de l’est de la France et un autre de Maison-Lafitte. J’ai oublié leurs noms, c’est pas sérieux. Y en a un un bossait chez Compaq, elle étaint instit’ (Pascale ?)… ils sont partis faire le tour du monde ensuite. Laissez un commentaire, je vous rappelle :)

  2. Serra dit :

    Qui a dit que les plus beaux voyages sont ceux que l’on fait dans sa mémoire? :-)
    Avec ce poème d’antonio Machado, c’est pire qu’avec Federico garcia Lorca, j’ai envie de mettre un pied devant l’autre, de voir derrière l’horizon, à mon rythme. Mais, désolé, Google Earth, je ne l’utilise que lorsque ma leucémie m’oblige à être l’hôte de jolies infirmières dans ma chambre-bulle. Alors, Hervé, reprends le GR20, peut-être que tu connaîtras d’autres couples bossant chez Compaq, d’autres gens de Maison-Lafitte.

  3. Valvert dit :

    Buenos dias Serra ;-)
    c’est avec plaisir que j’ai lu ton comm… Je ne poste plus si souvent de vrai contenu dans mon blog et ce billet de marcheur, il est vraiment très cher à mes yeux.
    Cher parce que je suis en pleine envie de remettre un pied devant l’autre sur un chemin d’altitude… GR20 ou ailleurs peu importe. Moins de monde, le rythme des pas, la simplicité des lieux, de la compagnie, des moments…
    Cher aussi parce que sans fréquenter de bulle (aïe !), j’ai vu trop de blouses bleues ou blanches ces derniers jours et que les champs opératoires ne procurent pas d’évasion. Compatir, c’est souffrir avec n’est-ce pas ?
    Mes meilleurs voeux t’accompagnent, avec ou sans Google Earth, internet a quand même changé la vie à l’hopital.

    « Marcheur! Il n’y a pas de chemins
    Rien que des sillages sur la mer »

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